© La Juvaquatre RHP mars-juin 2003

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JUVASTORY ou,

Il était une fois la Renault Juvaquatre.

par © Marc Sliwowski

 

Première partie 1936- Février 1938

Seconde partie Avril - Décembre 1938

Troisième partie Janvier-Décembre 1939

 

 

 

 

 

 

1936- Février 1938

Parmi toutes les filles de Billancourt, il en est une qui a peu marqué l'histoire de l'automobile, mais qui dans la mémoire de beaucoup restera la bonne petite voiture populaire et reconnue de tous.

 

Dès 1936 Louis Renault fait étudier par ses ingénieurs, une nouvelle voiture pour compléter sa gamme, un modèle de petite taille pourvu d'un moteur 6cv.

Ci-dessous deux dessins précurseurs de ce que devait être cette nouvelle 6cv.

Un prototype est né, il porte le nom de JUNIOR, il ressemble à une petite Celtaquatre il n'a que 2 places.

Prototype présumé de la Junior

Il est équipé du tout nouveau moteur 6cv développé par la firme de Billancourt; le 488, un quatre cylindres 58x95 de 1003 cm3 de cylindrée à soupapes latérales.
Depuis l'arrêt de fabrication de la NN en 1929 Renault n'a plus fabriqué de modèle pourvu d'un moteur 6cv.

 

En France c'est le front populaire, et avec la création des congés payés , une nouvelle clientèle apparaît , moins fortunée mais néanmoins désireuse d'évasion. Il faut surtout insister sur le terme "nouvelle clientèle" car il ne faut pas que les clients de Renault, fidèles aux voitures moyennes telles que la Primaquatre ou la Celtaquatre, "se décalent " vers la petite voiture telle est la consigne donnée au réseau commercial.

 

Il faut créer un petit modèle pour clientèle à petit budget qui réponde à cette attente. Il faut aussi prendre en considération que nouvelle clientèle peut rimer avec famille et par conséquent le choix d'une petite quatre places à faible coût d'entretien serait plus adapté.

 

Louis Renault lors de sa visite au salon de Berlin en 1935, a été très intéressé par la petite voiture présentée par Opel constructeur d'outre Rhin. Il s'agissait de l'OLYMPIA. Dés son retour à Billancourt, il fait part de ses observations aux directeurs de fabrications de son usine et semble-t-il, ses remarques sont suivies à la lettre par les ingénieurs puisque le 18 février 1937 est réceptionné par le service des mines le véhicule Renault de type AEB.

copie du manuscrit original rédigé par l'ingénieur  en chef des mines qui a receptionné la nouvelle Renault
Véhicule essayé n° 809700 à moteur n°24
"2 bons freins l'un à pédale, l'autre à main agissants tous deux sur les 4 roues"

"Type acceptable".

Avec ces deux mots la nouvelle Renault a réussi son examen de passage auprès de l'administration.

C’est une conduite intérieure quatre places mais à deux portes d'où sa désignation de coach. Elle ressemble cette fois à la petite Opel.

aspect genéral  d'une des toutes premiéres Juvaquatre 

 

A propos de la ressemblance avec l'Opel Olympia:

 

Renault est très critiqué, sa nouvelle voiture ressemble trop à l'Opel surtout au niveau de l'ensemble phares capot avant, elle est pourtant bien différente dans sa conception, mais surtout laquelle des deux voitures ressemble plus à l'autre ? L'Opel Olympia type OL 38 avec sa nouvelle calandre celle qui l'a fait beaucoup ressembler à la Juva, n'est produite qu'à partir de décembre 1937!

Hors Renault a fait monter ses premiers prototypes au milieu de la même année.

Il n'existe pas aux archives de l'usine la trace d'un quelconque procès entre les deux firmes sur cette présumée ressemblance.

Au milieu de l'année 1937 une douzaine de voiture est Fabriquée, sans doute ce sont là les seules Juvaquatre du type AEB1. Un document fait état de douze voitures de ce type. Pour la première fois chez RENAULT une voiture est dotée d'une caisse autoporteuse soudée sur le châssis, avec roues indépendantes à l'avant.
La désignation JUNIOR est abandonnée et voici donc que nais : La JUVAQUATRE pour poursuivre la logique des noms que Renault donne à ses voitures au cours de cette époque; Deux syllabes suivies d’un chiffre désignant le nombre de cylindre tout comme la CELTAQUATRE, PRIMAQUATRE, VIVAQUATRE et autre NERVAQUATRE.

JUVA un nom qui puise ses origines du mot latin juventu qui veut dire jeune, QUATRE pour quatre cylindres. Étymologie reprise dans les premières publicités :

La JUVAQUATRE la voiture de la jeunesse.

 

Au fils du temps, quelques utilisateurs de Juva 6cv désigneront leur voiture JUVASIX il n'en a jamais rien été chez Renault, c'était sans doute pour marquer la différence dans les années cinquante par rapport aux Juvaquatre 4cv puis 5cv Dauphinoise car ces différentes motorisations ont cohabitées tout au moins au cours de leur exploitation. Le chiffre accompagnant le nom de la voiture a toujours correspondu au nombre de cylindre et ce pour tous les modèles de la marque.

 

A propos du nom JUVAQUATRE:

Fait troublant, l'ingénieur metteur au point du nouveau moteur type 488 s'appelle George Juville.
Juva, Juville la similitude du nom est frappante de là à penser que Renault baptise son nouveau modèle du nom de l'un de ses ingénieurs concepteurs...
Bien que les historiens de la marque s'accordent à dire que ce n'était pas les habitudes de la maison, l'histoire est séduisante.

Cette information m'a été communiquée par un membre de la famille de George Juville.

George Juville né en 1895 est entré chez Renault en 1913 il décédera au cours d'un bombardement d'avril 1944.
Parmi les descendants de G. Juville en 2003 subsiste toujours cette idée; " George Juville était ingénieur chez Renault et a conçu le moteur de la ...JUVAQUATRE".

 

 

Pour le salon de l'automobile devant se tenir à Paris en octobre 1937,il est décidé de faire fabriquer une présérie de 20 voitures , elles seront construites " à la main " .

M. Jean GUITTARD (Chef des fabrications des voitures de luxe) est chargé de faire réaliser ce programme.

En fait ce sont 46 véhicules qui sont fabriqués entre le 21/09/37 et le 19/10/37, sous la désignation du type AEB2.

Les carnets de Jean Guittard conservés au sein de la Société d'Histoire du Groupe Renault apportent une mine d'information sur la fabrication des Renault de cette époque . L'un d'eux concerne la fabrication des 46 premières Juvaquatre. On y retrouve les dates de montage, les teintes employées, les modifications effectuées sur les différentes voitures etc…

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La première présentation publique de la JUVAQUATRE a lieu à l'occasion du salon de l'auto qui ouvre ses portes au Grand-Palais à Paris le 7 octobre 1937.

Ces premiers modèles sont carrossés en coach. Deux larges portes rendent l'accès facile aux places arrières. Il y a deux niveaux de finition :luxe et grand luxe. Le coffre est accessible uniquement par l'intérieur.

Cette première série est reconnaissable aux quelques détails suivants:

* il n'y a pas de pare-chocs à l'arrière ni de cache roue.

* Calandre à barres verticales.

* Les vitres de custodes ont leur pointe arrière qui remonte.

 * Les glaces des portes avant coulissent horizontalement.

 

 

 

 

Toutes ces JUVAQUATRE sont par la suite reparties dans les directions commerciales du pays mais aussi en Belgique et aux Pays-Bas, pour y être présentées et évaluées dans des conditions réels d'utilisation. M. Jean-Louis Renault, fils du constructeur se verra confier une auto.

Toutes les remarques et commentaires constatés par les utilisateurs, sont centralisés à l'usine. Pas moins de quarante défauts sont répertoriés.

 

Les inconvénients signalés par les essayeurs et consignés sur le carnet de jean Guittard:

a : Flèche insuffisante du ressort arrière en charge avec 4 personnes à bord.
b : insuffisance des pare-chocs.
c : Bouchon de radiateur mal placé.
d : Courroie de ventilateur trop prés de la durite inférieure du radiateur.
e : la cheminée d'aération de la dynamo touche le radiateur.
f : le tube du reniflard bat sur le pot d'échappement.
g : ronflement du pont.
h : volant trop mince et trop prés du conducteur.
i : freinage insuffisant.
j : déréglage fréquent des freins.
k : usure anormale des garnitures de freins.
l : tenue de route moins bonne avec 4 personnes à bord.
m : débit de la dynamo trop faible.
n : avertisseur trop faible.
o : file du Klaxon casse à la sortie du tube de direction.
p : démarrage difficile par temps froid.
q : éclairage phares insuffisant et difficile à régler.
r : graissages difficiles : du boîtier de direction ; remplissage amortisseurs arrières ;axe sup. jumelles du ressort arrière.
s : bouton de commande d'essuie-glace casse ou s'arrache.
t : balaie d'essuie-glace trop court.
u :fonctionnement cric difficile à l'arrière particulièrement à l'arrière droit prés d'un trottoir.
v : mauvais centrage du lancement à main.
w : projection de boue sur le moteur par en dessous.
x : résonance de la caisse surtout aux places arrières.
y : défauts d'étanchéité ; au trou de sortie d'essuie-glace ; aux glaces de custode ; au pare-brise ;joint de lunette arrière.
z : caoutchouc de glace de custode trouvé affreux.
aa : fermeture du capot trop faible.
bb : tôle sur laquelle se crochète la goupille de verrouillage du capot trop faible.
cc : charnière capot trop faible.
dd :compas capot ou plaquette fixation ? ?.
ee :cliquet revient mal.
ff : cassure de la gorge du capot prés des phares.
gg : charnière de porte ou mordant trop faible.
hh : saillie du galet du pêne frappe la caisse.
ii : tenon d'attache du capot trop faible.
jj : coussins de siège trop durs.
kk : coussins avant trop hauts.
ll : capitonnage trop faible.
mm : affaissement des coussins.
oo :clientèles paysans et voyageurs de commerce réclament un siège arrière amovible

Tous ces défauts seront corrigés avant que ne débute la production en série qui interviendra après la réalisation de l'outillage, celui-ci étant totalement conçu par Renault.

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© La Juvaquatre RHP Janvier 2003*


 

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Seconde partie Avril - Décembre 1938

Troisième partie Janvier-Décembre 1939

 

Les 29,30 et 31 mars 1938, sur le circuit de MONTLHERY près de PARIS , une JUVAQUATRE parcoure en 50 heures, 5380 kms à 107 km/h 820 de moyenne, les derniers tours sont effectués à 112 km/h.

Les 4 pilotes Quatresous, Massot, Hamberger et Fromentin se relayeront jour et nuit pour réaliser cette performance.

Au même moment à Billancourt les premières Juvaquatre de série sont assemblées et sortent des chaînes le 31 mars.

Le 6 avril un test de consommation est effectué sur l'axe de PARIS-BORDEAUX A 65 km/h de moyenne avec 4 personnes à son bord la JUVAQUATRE a consommé 7 litres 130 en moyenne au 100km.

Ces deux records seront abondamment repris dans la communication de Renault pour vanter les performances de sa nouvelle 6 cv.

 

Un précèdent essai de consommation avait été réalisé le 01 septembre1937 à 60km/h de moyenne avec 2 passagers sur le même trajet il avait été utilisé alors 6 litres 603 d'essence en moyenne.

Le service commercial faisant remarquer que; obtenir 5 kms de moyenne de plus avec 150 kgs de passagers en supplément en augmentant de moins de 10% la consommation, était une bonne performance , ce qui tante a démontrer que le bureau d'étude a bien amélioré les performances du nouveau moteur de 1003 cm3.

Le 13 avril 1938 la presse sportive est conviée à l'usine pour fêter la sortie en grande série de la JUVAQUATRE.

La nouvelle RENAULT est assemblée à Billancourt sur l'île Seguin, plus tard l'usine d'HAREN en Belgique sera aussi chargé d'assembler ces voitures qu'elle recevra par train en kit CKD de l'Anglais Completly Knocked Down (complètement démonté).

Dés le mois de mai 1938 le nombre de commande du modèle luxe dépasse les prévisions les commerciaux sont invités à ne plus en prendre commande il y aurait trop de délai d'attente, il leur est conseillé de proposer à leur clientèle le modèle grand luxe qui certes est un peu plus chère de 1000 frs mais disponible.

En mai 1938, les services techniques de l'administration postale consultent Renault pour la fourniture de petite camionnette de 250kgs de charge utile.

Les PTT fournissent à l'usine un cahier des charges que l'on peut qualifié de draconien, celle-ci va s'efforcer de le suivre.

Il faut donc étudier une version fourgonnette de la Juvaquatre pour décrocher ce marché porteur. Le projet est difficile à démarrer la voiture dés sa conception n'a pas été dotée d'un accès au coffre par l'extérieur et c'est l'un des ses handicaps. Après quelques essais pour transformer des coachs en version utilitaire, très vite une fourgonnette " 250kgs " est créé.

Dans un premier temps ces voitures conserveront la ligne de caisse des coachs surtout bien visible au niveau des ailes arrières. Ces voitures conservent la même désignation mais auront une appellation au sein de l'usine de "conduite intérieures tôlées"

Mais bien vite un modèle spécifique s'impose, la camionnette est alors dotée de son propre dessin de caisse avec augmentation du volume utile.

Elle est réceptionnée par le service des mines le 15 septembre 1938 sous la désignation AGZ1. A noter que sur le PV des mines il y a noté "Charge utile max 300kg".

Début de la fabrication de la "250 kg" fin septembre 1938. Les premières livraisons ne décollent vraiment qu'en
février - mars 1939, déjà les PTT incorporent à leur flotte les premiers fourgonnettes fabriquées.

Le 26 septembre 1938 débute la fabrication des Juvaquatre destinées au marché anglais avec conduite à droite.

En novembre 1938 le service commercial lance un concours entre les représentants du réseau de vente (les voyageurs) , pour la diffusion de la Juvaquatre. Afin de stimuler les ventes, les trois meilleurs vendeurs par direction régionale recevront une prime.

Le 28 décembre 1938 une note d'information annonce la création d'un nouveau modèle de carrosserie, il s'agit de la Juvaquatre décapotable. Un accord est conclu avec la société SAPRAR (filiale de Renault) qui se charge de modifier les voitures après sortie d'usine. Le supplément de 1760 f est prévu pour la modification. Pour 300frs de plus il est offert un très beau tissus soyeux analogue à celui employé pour les décapotables "Vivagrandsport ". En fait la SAPRAR a réalisé trois formules de décapotable :

1/toit découvrant spécial.
2/toit ouvrant normal
3/le système tous-temps

 

Ces trois formules sont des licences C.B
Dés l'annonce de la création de ces nouveaux modèles, le service commercial demandera à ses vendeurs de privilégier la solution n°3 qui a ses yeux est la plus intéressante car elle permet de découvrir la voiture le plus complètement. C'est cette dernière version qui sera produite à la grande majorité. Le carrossier Pourtout réalisera aussi quelques transformations ainsi que quelques carrossiers moins connus.

 

 

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Troisième partie

Janvier à Décembre 1939

Le 16 janvier 1939 causerie argumentaire Mr BOURDIN un commercial de la région de Bordeaux, un exposé très instructif de 9 pages sur les arguments de vente que pouvaient être amener à présenter un vendeur de Juvaquatre à un acheteur potentiel pour emporter sa décision d'acquérir la Renault par rapport à la voiture concurrente de la firme de Sochaux.

Télécharger au format PDF 31ko

 

En ce début d'année RENAULT persiste à ne proposer sa petite voiture uniquement en 2 portes argumentant qu'il est préférable d'avoir 2 grandes portes que 4 petites, de nombreux documents publicitaires en font la démonstration dont cette astucieuse pelure animée.

 

Mais la clientèle persiste à réclamer les 4 portes. La concurrence les a proposé dés le début sur ses modèles, notamment Peugeot pour sa 202 et Simca pour sa Simca 8.

Revirement important chez Renault, le 20 avril 1939 le réseau commercial est informé que dès à présent il pourra proposer à ses clients la Berline en 4 portes. Jusqu'au bout Renault veut croire au succès de sa deux portes puisque la dernière publicité ventant les mérites de celles-ci est publiée en mars! En fait un an après son lancement, la voiture se vend mal et l'on espère qu'avec cette nouvelle version les ventes décolleront .

Nouvelle désignation AEB3.

Les premières publicités pour la nouvelle 4 portes en avril 1939

 

 

Le 13 juin avec les beaux jours, un nouveau modèle viens s'ajouter à la famille Juvaquatre , il s'agit du Coupé " destiné par excellence aux femmes élégantes et aux hommes d'affaires ". Finition très grand luxe. Il n'existe aucun document publicitaire concernant cette carrosserie.

 

En août quelques berlines 4 portes seront modifiées en découvrable (moins d'une dizaine). Pour ce modéle aussi il n'y a pas de publicité.

Ce même mois 53 coachs sont assemblés, à désignation spécifique destinés au marché Australien. Ils sont expédiés par bateau avec des roues en bois. La monenclature de ce type BFJ1 prévoyant étrangement entre autre "une livraison sans pneu ni chambre à air "...

Septembre 1939 la France est en guerre. Dés lors toute la production de l'usine est en principe réservée à la Défense Nationale, des Juvaquatre se retouveront sous les drapeaux.

Dés octobre en ce qui concerne la JUVAQUATRE, seules sont disponibles les conduites intérieures en 2 et 4 portes et le 250 kgs.

Fin 1939 une évolution importante est apportée aux automobiles RENAULT. Le patron s'est résolu à payer à la société LOCKHEED les droits "exorbitants "dixit L.R., pour monter sur ses voitures le dispositif de freins hydrauliques. La concurrence avait déjà opté pour ce système très efficace et indéréglable. Les Juvaquatre seront les premières RENAULT à en être équipées, à cette occasion elles changeront de désignation.

Le coach AEB2 deviendra le coach BFK1.
La berline AEB3 deviendra la berline BFK2.

La fourgonnette gagnera pour l'occasion 50 kg de charge utile et prendra l'appellation définitive de "300 kg " type AHG1

 

En octobre 1939 devait avoir lieu le salon de l'auto, une nouvelle gamme était prévue. Les circonstances en firent autrement. Toutefois, les 2 types de carrosseries qui continueront à être fabriquées porteront la désignation qui était prévue : JUVA 40 pour le coach 2 portes, le coupé et la berline 4 portes en finition grand luxe et JUVASTELLA 40 pour la 4 portes et le coupé en finition très grand luxe.

Monogramme "JUVA 40"

 

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